BREIZHLANDERS

Petite histoire du kilt

Petite histoire du Kilt.

 

Quand on traite du kilt, il est nécessaire de s’intéresser également à l’étoffe qui le constitue : le tartan, mot qui dériverait du vieux français tiretaine désignant une étoffe de grosse laine. Ce tissu à motif fait de carreaux multicolores appartient depuis longtemps à l’histoire des pays celtiques. Le premier fragment qui en fut découvert sur le sol écossais, remonte au 3ième siècle de notre ère. Il s’agit du tartan de Falkirk, (Falkirk Tartan ou Shepherd’s Check en anglais). Il fut trouvé en même temps qu’une poterie contenant un trésor monétaire de plus de 2000 pièces d’argent ce qui a permis de dater l’ensemble des années 230. Le motif (sett en écossais) est très simple : il alterne en trame une laine naturelle brune foncée avec une autre plus claire, dans les tons crème. Notons que le territoire d’où ce tissu a été extrait, était, au 3ième siècle, peuplé de Bretons ou de Pictes, ce qui prouve bien que l’usage de cette étoffe était loin d’être le monopole des Gaëls venus par la suite d’Irlande en Ecosse. Au passage, le tartan de Falkirk, juxtaposition de noir et de blanc, n’est-il pas très évocateur pour les amateurs de Gwenn ha Du ? Rappelons également que Breton est de la même racine que le mot brizh qui veut dire tacheté, proche parent du gaélique breacan qui signifie… tartan ! CQFD !  Les témoignages historiques font ensuite un grand bond en avant dans le temps, puisqu’il faut attendre le 16ième siècle avec la découverte en 1956 du Tartan d’Ulster trouvé enterré près des bâtiments d’une ferme en Irlande du Nord. C’est également à partir de cette époque qu’on commence à rencontrer des documents iconographiques. Les premiers kilts sont assez différents de ceux qu’on connaît aujourd’hui. On les appelle des plaids à ceinture (belted plaids ou feileadh mor). Vaste pièce d’étoffe de presque 5 mètres de longueur sur 1,50 mètre de largeur, il faut la poser sur le sol, passer sa ceinture dessous, puis s’allonger et boucler sa ceinture avant de se relever et de drapper les pans qui tombent pour les faire venir soit en cape sur les épaules ou en écharpe sur l’épaule gauche. Ce vêtement présente un désavantage certain dans un pays pluvieux : quand il est mouillé, il faut l’enlever entièrement pour le faire sécher, ce qui n’est pas pratique en particulier si on n’est pas chez soi : il est alors difficile de présenter une tenue correcte surtout quand la vêture humide compose l’essentiel de la tenue ! Voici ce qu’on raconte : au milieu du 18ième siècle une fonderie s’ouvrit à Glengarry dans l’Ouest des Highlands. Le propriétaire en était un Anglais du nom de Rawlinson. L’un de ses amis était tailleur. Un jour, un Highlander entra chez lui, les vêtements complètement trempés par la pluie. Malgré l’offre du tailleur de quitter son vêtement pour le faire sécher, l’homme refusa obstinément. Après y avoir mûrement réfléchi, le tailleur eut une idée : couper la grande pièce d’étoffe en deux pour séparer le haut du bas partie qui devient alors le féileadh beag ou petit kilt tel que nous le connaissons aujourd’hui. Amateur de costume écossais il en parla à Rawlinson qui fut enthousiasmé de l’invention et n’hésita pas à revêtir la nouvelle tenue. Le succès fut rapide grâce à Mac Donnel, Lord de Glengarry qui adopta également le nouveau vêtement. On vous dira en Ecosse que cette histoire, bien sûr, n’est pas vraie : comment en effet un Anglais aurait-il pu inventer le costume national des Ecossais ? Toujours est-il que cette fois la mode était lancée et qu’elle était promise à un bel avenir !



07/05/2009
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